Hélène Romano, docteur en psychopathologie clinique, psychothérapeute, chercheur Inserm, expert judiciaire près de Cours d’appel et auteur de L’enfant face au traumatisme, Dunod 2013.
Homayra Sellier, présidente d’Innocence en danger, était l’invitée de BFM Story, ce mardi 19 mai 2015. Dix ans ont passé depuis la fin du deuxième procès Outreau, cette affaire de pédophilie ayant tourné au fiasco judiciaire. En effet, Daniel Legrand fils va comparaître pour la troisième fois devant la justice, du 19 mai au 5 juin, à la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine à Rennes, pour viols et agressions sexuelles sur mineur alors qu’il n’avait pas encore 18 ans. L’association « Innocence en danger », spécialisée dans la protection des enfants contre les abus sexuels, a souhaité que ce dernier soit rejugé. Homayra Sellier, sa présidente, s’en explique.
Mardi 19 mai, s’est ouvert le procès de l’un des 13 acquittés de l’affaire Outreau. Accusé de viol, Daniel Legrand encourt 20 ans de réclusion criminelle.
Comme pour les faits supposés commis alors qu’il était majeur et pour lesquels il a été acquitté, Daniel Legrand fils est jugé depuis mardi à Rennes pour des viols présumés qui auraient été commis sur les quatre fils de la famille Delay, dont le père et la mère ont reconnu avoir abusé sexuellement. « Ca fait 10 ans que je vis avec un puzzle qui n’est pas terminé et seule une belle justice pourra m’apporter cette dernière pièce du puzzle qui pourra me laisser vivre à l’heure d’aujourd’hui », a affirmé Jonathan Delay aux journalistes, peu avant son arrivée dans la salle d’audience mardi matin. « C’est un procès qui n’était pas terminé. A la fin de ces trois semaines, ça sera pour moi la chance de pouvoir repartir sur de nouvelles bases », a poursuivi la victime présumée.
Dix ans après, Daniel Legrand fils, un des treize acquittés d’Outreau, est jugé depuis ce mardi 19 mai matin pour des abus sexuels qu’il aurait commis en tant que mineur et qu’il nie avec force.
Selon les associations de protection de l’enfance, l’affaire de pédophilie d’Outreau dévoilée en 2001, a mis à mal la prise en compte des témoignages d’enfants par la justice.
Avant même que s’ouvre à Rennes le procès de Daniel Legrand pour la période où il était mineur, les médias ont réactivé l’effervescence médiatique qui avait tant servi la défense lors des procès de Saint-Omer et de Paris. Les rédactions qui ont ouvert grand leurs portes aux acquittés et à leurs avocats martèlent à nouveau une version officieuse et simpliste de l’affaire d’Outreau qui discrédite la parole des enfants et présentent les 13 accusés acquittés comme les victimes d’un fiasco judiciaire.
Il fallait s’y attendre, à la veille du procès de Daniel Legrand, acquitté d’Outreau, la défense dévoile en filigrane sa stratégie, et c’est là où on rirait à gorge déployée si le sujet n’était pas si grave.
Le couperet est tombé pour Jean-Luc Lahaye. Le chanteur des années 80 a été condamné à un an de prison avec sursis pour corruption de mineure.
Le chanteur de 62 ans était poursuivi pour avoir demandé à une jeune fille de moins de 15 ans de s’adonner à des jeux sexuels par webcam interposée. Il a été relaxé des chefs de proposition sexuelle à mineur de moins de quinze ans et de détention d’images pédopornographique de mineur de moins de quinze ans.
Daniel Legrand, acquitté d’Outreau, revient devant la justice pour répondre des mêmes faits de viols qu’en 2005, mais cette fois-ci pour la période où lui-même était mineur. Son avocat, Frank Berton, dénonce un « révisionnisme judiciaire », « motivé par une ou deux associations de défense de victimes, qui veulent coûte que coûte revenir sur le verdict du procès. » « Nous, en défense, on a vraiment l’impression que c’est une histoire sans fin », a ajouté Me Berton.