Myriam Badaoui, entendue comme témoin, est arrivée libre à la barre, par une porte dérobée.
La tête couverte d’un foulard – qu’elle n’a pas eu à ôter -, vêtue d’un survêtement gris, la femme de 46 ans a beaucoup changé depuis sa condamnation, en 2004, à quinze ans de prison, pour les viols, agressions sexuelles, proxénétisme et corruption de mineurs de ses quatre garçons et des huit autres petites victimes officielles, absentes à ce procès. Libérée aux deux tiers de sa peine, elle a considérablement maigri. Mais le public n’a pu se faire une idée sur sa coupe de cheveux.
On aurait pu estimer le meilleur de la rencontre de l’avocat d’assises Eric Dupont-Moretti, surnommé à juste titre « Acquittator » dans les prétoires, avec le chroniqueur judiciaire Stéphane Durand-Souffland (Figaro). Mais les meilleures idées sur le papier sont parfois issues d’une défense trouble, voire malhonnête. L’avocat exerce à nouveau ses talents pour défendre son client Daniel Legrand (fils). Qu’en est-il de la vérité ?
Ce mardi matin, il y avait comme une ambiance de fête de famille au procès de Daniel Legrand: on se salue longuement entre confrères journalistes, les avocats de défense saluent chauement leurs porte plumes, et Daniel Legrand serre la main aux journalistes puis à ses avocats. Il faut dire que tout le monde se connaît à force.
Thierry Delay a témoigné en visioconférence depuis la prison où il est incarcéré depuis 2001.
Peu bavard, il a répondu aux questions du président sans faire de déposition, se contentant de répéter qu’il ne connaît pas Daniel Legrand, pas plus qu’il ne le reconnaît quand le président demande au prévenu de passer devant la caméra.
Un être humain a un psychisme qui, grâce aux interactions extérieures, au fur et à mesure de sa vie, va construire une confiance en lui et en l’autre, qui va l’aider au cours de sa vie.
Condamné à vingt ans de prison en 2004 pour viols et agressions sexuelles à l’encontre de douze enfants, dont les siens, Thierry Delay a maintenu mardi qu’il ne connaissait pas Daniel Legrand, l’accusé de ce « troisième procès Outreau ».
Voilà, le procès de Rennes a démarré. J’avais dénoncé la propagande qui se mettait déjà en place avant l’ouverture des débats. Après une semaine, le constat est triste: la plupart des médias ne font que reproduire fidèlement l’argumentaire fallacieux des avocats de la défense. Pire: ils passent sous silence des éléments essentiels à la compréhension de ce procès et de ce qui s’y déroule. Le parti pris est criant et la déontologie largement piétinée.
« L’homme brutal qui ose employer la violence pour ravir les faveurs qu’un amour légitime a droit d’obtenir, est un monstre dont on doit délivrer la société. » (François Gayot de Pitaval – XVIIIè siècle)