Le procès d’Outreau à Rennes est passé, l’affaire appartient maintenant à l’Histoire.
Vu son importance et les répercussions qu’elle a eu dans la société française, nul doute que cette affaire fera partie des épisodes qui donneront aux chercheurs du futur l’occasion de se pencher sur notre société actuelle, ses dysfonctionnements, ses peurs, et le déshonneur en fin de compte ne tombera pas forcément sur ceux qui l’éprouvent aujourd’hui avec un sentiment d’injustice.
Suite au procès de Rennes, et à l’acquittement de Daniel Legrand, la fureur a repris non pas à l’égard des avocats de la partie civile, dont les charges rassemblées contre l’accusé en plus des aveux circonstanciés et des dénonciations croisées adultes-enfant auraient pu indisposer, non c’est de manière focalisée en termes de bouc émissaire à l’égard du juge d’instruction et de l’expert que la haine de nouveau se déchaine. Rappelons que les 12 enfants que j’ai examinés alors que j’ avais 600 expertises d’enfants victimes de viols, on tous été reconnus victimes de viols agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme. L’un des enfants expertisé ne présentait pas de signes évocateurs d’abus sexuels et je l’ ai signalé. Philippe Torreton est invité avec Me Berton au Grand Journal de Canal plus pour parler du procès de l’acquitté d’Outreau, Daniel Legrand.
Il y a tout juste un mois, la France commémorait le 70ème anniversaire de la libération des camps de concentration. Les cérémonies qui ont eu lieu à ce moment-là et les témoignages des survivants (tous enfants à cette période), pourraient laisser penser que parler de l’holocauste a toujours été possible. Ce serait une erreur. À la libération des camps, la majorité des déportés a été condamnée au silence, non seulement en raison de leurs propres difficultés à se dégager de l’indicible de ce qu’ils avaient subi mais surtout parce que personne ne voulait entendre ces récits de l’horreur.
« Je ne dirai jamais que j’ai violé un enfant », a-t-il dit dès le début aux enquêteurs. Non pas : « Je n’ai jamais violé un enfant » mais « Je ne dirai jamais que je l’ai fait ». Ce pourrait être le titre de son livre, écrit avec la collaboration du journaliste Lionel Leroy, et qu’il a intitulé Que Dieu ait pitié de nous. La thèse du livre : les enfants n’ont jamais été violés par quiconque, tous les accusés sont innocents. Thèse négationniste, puisque la réalité des viols, après avoir été avouée puis récusée par nombre d’accusés, a été reconnue et continue de l’être par les quatre condamnés restants – et la justice a reconnu victimes douze enfants.
Assister au procès de Daniel Legrand devant les Assises de Rennes est instructif. Consulter ensuite la Presse, écouter la Radio et les commentateurs, regarder les informations télévisées l’est encore plus, car cela permet de mesurer la très importante et inquiétante distorsion qui existe entre les deux expériences et les deux types de discours.
Comme certains mauvais esprits (c’est un euphémisme) mettent en doute sur le net et facebook l’existence de 12 enfants violés et indemnisés après les procès d’Outreau en 2004 et 2005 (Saint-Omer puis Paris), je vous livre ci-joint le document officiel qui en fait état.
Je vous livre mon adaptation satirique du tube de Claude François, dédiée à Florence Aubenas et Lucie Soullier après leur article « Outreau : trois semaines dans l’ombre des révisionnistes » dans le Monde de ce samedi.
Un double coup de théâtre identique à celui de Paris en 2005 dans la même affaire d’Outreau a secoué les assises des mineurs à Rennes jeudi, avec les réquisitions de l’avocat général demandant l’acquittement de Daniel Legrand fils, accusé de viol présumé sur les enfants Delay, et la décision des avocats de la défense de ne pas plaider après cette invocation de son « innocence ».
Inénarrable Dupond-Moretti ! Le verdict n’est même pas rendu que déjà, devant les caméras, il commente l’acquittement de Daniel Legrand !
Chassez le naturel et il revient au galop ! Selon cet avocat récidiviste plus aucun journaliste ne pourra dire qu’il existe « une autre vérité » sur Outreau ! Suivez son regard… Quelle prétention ! A force d’être entouré de journalistes serviles, il s’imagine qu’il peut dicter aux autres ce qu’ils doivent faire ou non ! Aucun avocat et surtout pas les Delarue-Dupond- Berton ne me dicteront ce que j’estime devoir faire !
Un virulente attaque a été lancée mercredi aux assises de Rennes contre le ministère public, accusé par les avocats de la partie civile « d’arbitraire, de destruction de l’Etat de droit », et d’être « sorti de la route » dans sa conduite du procès Daniel Legrand fils dans le dossier Outreau.