Namur: « À l’amicale des joyeux pédophiles » (L’avenir.net, 1° Fevrier 2013)

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NAMUR – Les avocats des six prévenus, tous poursuivis, à des degrés divers, pour des actes à caractère pédophile, ont tenté de nuancer l’odieux.

Ils ont entre 35 et 77 ans et avaient pris l’habitude d’assouvir leur déviance en regardant des DVD mais surtout en entraînant de jeunes adolescents dans des jeux sexuels. Des pratiques aux relents nauséeux dont certaines ont été filmées. Hier, c’était au tour de la défense de tenter d’expliquer des actes d’une extrême gravité.

Principal prévenu dans cette affaire : Michel, un Andennais de 53 ans. Condamné pour des faits similaires en 2004 à 5 ans de prison, il est donc en état de récidive. Son avocat, Me Barthélemy, va s’attacher à resituer le contexte de ce que le prévenu lui-même appelle un «gâchis». «C’est un contexte de déviance reconnue et il en souffre, commente le conseil. À sa sortie de prison, c’est la solitude. Il rencontre Nicolas (1).» De la relation, a posteriori déjà malsaine, l’adulte va passer aux actes.

«Il a été honnête dans ses aveux. Il éprouve des regrets par rapport à un processus qu’il n’a pas voulu et qui s’est mal terminé.» Son client ne fait pas le forcing pour sortir de préventive et il suit une thérapie. Aux 10 ans requis par le substitut Lykops, Me Barthélemy souhaiterait un peine plus modérée.

Noël, le «doyen» de la bande, a aussi un solide passé judiciaire. C’est son goût pour le voyeurisme qui l’a emmené chez Michel à raison de deux fois par mois.

Gérard (45 ans) a connu un parcours singulier. «Longtemps marié, il va faire émarger ses penchants glauques à l’égard des mineurs au décès de celle-ci», précise Me Somers. L’avocate demande le sursis probatoire. Son client est en traitement et, «en matière de délinquance sexuelle, la prison ne réduit pas les risques de récidives mais les augmentent.»

Francis (55 ans), défendu par Me Bernès, n’a fait que 3 mois de préventive. Une expertise mentale a mis en lumière l’absence de traits à caractère pédophile. «Manipulateur et narcissique, il veut briller aux yeux des autres. Il fait donc comme les autres», concède Me Bernès. «Avant les premiers faits en 2006, il n’a aucun antécédent pour faits impliquant des mineurs.» Son avocat a demandé le sursis probatoire.

Comme à Outreau

Les deux derniers prévenus ont, en substance, peu de choses à se reprocher. L’un a été pris en possession d’images sur son gsm et de DVD. Pour Me Dessy, son client est victime d’un phénomène d’extrapolation. «Tout comme à Outreau, on a démarré l’enquête sur la famille et on a élargi le cercle des abuseurs. » L’homme ne fait d’ailleurs qu’une apparition jugée marginale dans ce dossier.

Une phrase, une seule : celle prononcée par l’avocat de Mickaël, Me Pierre Lothe. «À la lecture du dossier, je songe au procès de l’amicale des joyeux pédophiles : on s’échange des photos, des enfants en buvant un bon verre.» Entre deux peines de prison fréquentes pour vols, et faute de famille, son client retournait chez Francis, son ex. Dans ce dossier, le prévenu a joué un rôle de protection. Il a notamment prévenu la maman de Nicolas. Me Lothe sollicite donc l’acquittement.

Jugement le 28 février.

(1) Prénom d’emprunt

Source: http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20130201_00262780

 

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