Les Observateurs Suisse – Le PLR exige la dépénalisation de la pédophilie

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Et des abus sur mineurs dépendants…

« Les arguments de Marche blanche sont populistes » assène le PLR appenzellois Andrea Caroni sur le Forum de la RTS (dès 01:38). Le comité de soutien aux pédophiles, pardon, de soutien à la lutte contre l’initiative qui lutte contre les pédophiles aurait déjà atteint 102 parlementaires. Il paraît invraisemblable que l’alliance PLR/PS ose user ainsi de la dialectique anti-fasciste pour fustiger un mouvement populaire qui n’a d’autres buts que de venir en aide aux enfants contre leurs agresseurs. L’on mesure bien là la vraie valeur de ces refrains de campagne et de ceux qui les profèrent.

On se souvient encore qu’en 2011, sur la même antenne, à l’heure de la même émission, Carlo Sommaruga adressait le même genre de reproches à la Marche blanche:

« J’ai critiqué Marche blanche, effectivement, pour s’être appuyée essentiellement sur des personnalités comme Oskar Freysinger, où je considérais que, s’il fallait avoir une approche avec des représentants de divers partis, fallait peut-être pas prendre des représentants de l’extrémisme. Et, deuxièmement, j’ai critiqué Marche blanche sur des propositions  qui étaient incompatibles avec notre ordre juridique, parce que c’étaient des propositions qui avaient une certaine connotation populiste, je le maintiens, et, surtout,extrêmes dans leur proposition.

[…] Ma motion avait pour objectif premier de bloquer les propositions extrémistes et non compatibles avec notre ordre juridique et notre code pénal qui n’arrêtaient pas d’être déposées sous incitation de Marche Blanche.«  » 

L’hypothèse de Mme Bussat, de la Marche blanche, semble donc bien être la bonne, ce mouvement est initié par quelques déçus, qui auraient bien voulu arracher la cause à la droite pour leur bénéfice personnel. N’y étant pas parvenus, ils ont décidé de tout détruire sans distinction.

Et voilà qui prétend nous gouverner…

Notons encore que la RTS continue de plaider la cause du « contre-projet » (02:36), qui n’en est pas un, mais seulement la Lex Sommaruga, censée désactiver l’interdiction aux pédophiles d’être en position de récidiver en reprenant un travail auprès d’enfants ou de personnes dépendantes. Cette insistance à défendre un contre-projet n’est pas anodine, qui a pour objectif de faire croire – vous le verrez à l’heure de la véritable offensive de campagne – à une alternative, mesurée, institutionnelle, défendue par le Conseil fédéral. Or, tout cela est faux et relève de la pire entreprise de désinformation qui puisse être.

 

Bagatelle

M. Caroni souhaiterait encore que l’initiative soit plus large pour les cas qu’il appelle de « bagatelle » (dès 04:15):

« Le cas où il y a un maître d’apprentissage de 28 ans, qui a une affaire consensuelle avec une fille, une apprentie, de 17 ans, une fois, et ça suffirait pour l’exclure à vie. Alors c’est vraiment le manque de cas « bagatelle ». »

Ce que M. Caroni oublie de préciser, c’est que ce genre de cas est déjà sanctionné, par l’art. 188 du Code pénal, d’une peine privative de liberté de trois ans au plus, en ce qu’il est attendu un comportement particulièrement irréprochable de la part des enseignants à l’endroit de leurs élèves mineurs. La condamnation, qui peut être déjà suivie d’une mesure d’interdiction professionnelle, n’est pas du fait de l’initiative, mais bien de cet ordre légal que M. Caroni prétend défendre.

Depuis 1981, PLR et PS ont toujours prétendu au grand amour pour libéraliser toutes sortes de rapports empreints d’une forte dépendance à l’autorité, à l’influence, d’un adulte sur un mineur.

Plus loin encore, Caroni insiste (dès 04:55):

« Mais il y a des cas, où il s’agit peut-être même pas de la vraie pédophilie de quelqu’un qui est malade toute sa vie, qui viole une fille de 7 ans, mais peut-être quelqu’un qui a 30 ans, qui a touché une fille de 14-15 ans, une fois, mais pas parce qu’il est malade dans la tête, il est pédophile, mais parce qu’il le faisait comme un…, parce qu’il ne trouvait pas la sexualité ailleurs.« 

L’on ne peut que rester pantois devant un tel déploiement d’arguments à seule fin de disculper ce qui n’est autre que de la franche et réelle, de la « vraie« , pédophilie… Et tout cela pour atteindre à un seul et unique avantage, la deuxième chance du criminel, la deuxième chance du pédophile contre celle de sa victime. « Bagatelle » que la souffrance des enfants qu’on viole et qu’on martyrise…

 

Amour de jeunesse

Enfin, M. Caroni prétend encore que l’initiative fera aussi condamner le jeune homme de 18 ans éperdument amoureux de la jeune fille de 15. Il va même jusqu’à assurer que si l’initiative n’allait pas aussi loin dans ce domaine, il la soutiendrait (dès 07:47):

« J’étais vraiment présent quand on a négocié les textes. Et si le texte comme vous le dites avait passé; bon, je serais d’accord. Parce qu’on a proposé, aux Etats on avait proposé de dire, bon, « pourquoi écrivez-vous enfants, pourquoi n’écrivez-vous pas enfants en dessous de 14 ans, peut-être 12 ans ? » et on aurait été tous d’accord, mais les initiants n’ont pas voulu ça, jamais !« 

C’est un mensonge éhonté, lors des débats au Parlement, les parlementaires membres du comité d’initiative ont été limpides:

« On nous cite cet exemple du jeune de 17 à 20 ans qui couche avec une fille de 15 ans. Ces cas doivent évidemment être exclus du champ d’application. Là, le comité d’initiative, dont je suis membre, est clair: nous sommes favorables au fait que l’on exclue ces cas du champ d’application parce qu’on ne peut pas parler de pédophilie dans ce genre de cas. Pourquoi? Parce qu’à ce moment-là, l’attirance sexuelle est pour un corps formé, un corps de femme. On ne peut donc pas parler de pédophilie. Là où on peut parler de pédophilie, c’est lorsqu’on a affaire à des enfants impubères, c’est-à-dire à des enfants non formés où les signes secondaires du développement sexuel ne sont pas présents. Là, c’est de la pédophilie. Donc le législateur devra faire cette distinction, c’est certain. Nous sommes tout à fait d’accord d’entrer en discussion sur ce concept pour éviter cette problématique. » (source)

Dixit Oskar Freysinger, au Parlement, le 21 mars 2013. Christophe Darbellay, membre lui aussi, confirme. Cette question a donc été bel et bien réglée il y a plus d’un an déjà.

Le PLR a parfaitement entendu. la preuve, Christian Lüscher:

« Monsieur Freysinger, vous êtes conseiller national membre du groupe UDC, mais vous êtes également membre du comité d’initiative de l’association Marche blanche. Est-ce que les propos que vous avez prononcés ce matin à propos des enfants pubères et impubères et des exceptions qui pourraient être prévues dans une loi d’application engagent Marche blanche? En d’autres termes, est-ce que vous vous prononcez aussi aujourd’hui au nom du comité d’initiative? Est-ce que vous êtes autorisé à l’engager ce matin à propos des exceptions que vous mentionnez?

Freysinger Oskar (V, VS): Absolument! Cette discussion a eu lieu hier, ici dans ce Parlement, et nous en avons encore parlé ce matin. Mes propos engagent le comité d’initiative de Marche blanche. Il est évident que lorsque vous avez affaire à une jeune fille avec un corps parfaitement formé, un corps de femme, et que vous avez une relation sexuelle ou de ce type-là avec elle, on ne peut pas parler de pédophilie. Donc, il faut exclure ces cas-là et se limiter à cette pulsion qui porte les gens à aller vers des enfants impubères, c’est-à-dire chez qui les signes secondaires du développement sexuel ne sont pas présents; ça, c’est de la pédocriminalité; là, la pulsion est clairement pédophile. 

Lüscher Christian (RL, GE): Monsieur Freysinger, est-ce que dans l’esprit du comité d’initiative, l’enfant visé est le même enfant que celui visé dans l’initiative « pour l’imprescriptibilité des actes de pornographie enfantine », tel qu’il a été défini dans la loi d’application?

Freysinger Oskar (V, VS): On a créé une jurisprudence sur ce point; cela peut effectivement être une possibilité puisqu’elle introduit une distinction. Malheureusement, on ne peut pas se baser uniquement sur la description des caractéristiques physiques de la personne, mais on est obligé de fixer une limite. Là, nous avons fixé une limite [12 ans, ndlr] qui peut être une base de discussion pour élaborer la loi. » (source)

Le PS entend aussi très bien. Pierre-Alain Fridez:

« J’ai bien entendu les propos de Monsieur Freysinger permettant d’imaginer qu’en cas d’acceptation de l’initiative, les cas, disons, bagatelles, pourraient ne pas être concernés. » (source)

Dans ce contexte précis, les cas « bagatelles » ne concernaient que les amours de jeunesse. Et ne voilà-t-y pas qu’Andrea Caroni nie l’existence de ces débats, accuse l’initiative de vouloir embastiller les amours de jeunesse et étend l’acception de « bagatelle » aux professeurs de 28 ans et aux messieurs de 30.

Les initiants ont donc donné totale satisfaction à leurs opposants, mais vous verrez que cela n’empêchera ces derniers de continuer à prétendre le contraire. La volonté de détruire l’initiative, coûte que coûte, vient de très loin.

Source: http://www.lesobservateurs.ch/2014/03/24/plr-exige-depenalisation-pedophilie/

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