(Le Figaro) « Patrick Dewaere s’est foutu en l’air parce qu’on l’a violé quand il était gamin … »

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Titre d’origine: « Patrick Dewaere, l’écorché : chronique d’une enfance bafouée »

Il y a 35 ans, le 16 juillet 1982, l’acteur emblématique des années 70, se donnait la mort. Dans une nouvelle biographie publiée chez Michel Lafon, le journaliste Christophe Carrière, tente d’expliquer les raisons qui ont poussé le comédien à se suicider en pleine gloire.

«Je suis sa fille, d’accord, mais si j’avais été journaliste, j’aurais agi de la même façon.» Dans la préface de la biographie Patrick Dewaere, l’écorché, Lola Dewaere légitime d’une manière franche et directe le travail de l’auteur, le journaliste Christophe Carrière.

Ces mots sont importants car le destin tragique de l’acteur français et les raisons qui l’ont poussé à se suicider le 16 juillet 1982, ont depuis trente-cinq ans fait couler beaucoup d’encre. Pour comprendre ce geste fatal, le biographe est remonté à l’enfance tourmentée du plus doué des saltimbanques de la «famille Maurin». A-t-il été abusé sexuellement? A-t-il été trop ou mal aimé par sa mère Mado? A-t-il souffert du succès de son compère dans Les Valseuses, Gérard Depardieu? La biographie de celui que tous les acteurs trentenaires ou presque citent en exemple, tente, de son enfance à sa mort, puis film après film, de comprendre ce destin tragique.

Le Figaro vous présente quelques passages choisis de Patrick Dewaere, l’écorché (Michel Lafon), enrichis de l’interview que Christophe Carrière a accordée à Charlotte Barrillon-Dennebouy et Frédéric Picard pour Le Figaro Live et leur émission On vous en parle dès maintenant.

A partir de la minute 30 :

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 Lola Dewaere: «Patrick Dewaere s’est foutu en l’air parce qu’on l’a violé quand il était gamin …»

«Ce qui l’a tué, on n’en a pas assez parlé et c’est bien que ce soit consigné noir sur blanc dès le début de ce livre: c’est son enfance bafouée. Patrick Dewaere s’est foutu en l’air parce qu’on l’a violé quand il était gamin et qu’il avait un sale rapport avec sa mère, Mado Maurin – qui n’a pas été capable de le sauver.»

● Bertrand Blier: «Patrick m’a raconté qu’il avait été abusé sexuellement.»

«Deux ans plus tard, c’est Gérard Depardieu qui évoquera «la vérité», dans son livre d’entretiens Vivant!: ‘‘Je crois que, dans son enfance, il avait été victime d’actes de pédophilie. Il m’en avait parlé mais je ne sais pas si j’ai le droit de raconter ça. Ce que je sais, c’est que sa fragilité venait de là. Cette enfance qui ne passait pas, c’était son abîme, son gouffre intérieur. » Cela se précise. Et se confirme sans équivoque quand Bertrand Blier, pipe au bec, m’affirme sans sourciller: ‘‘Patrick m’a raconté qu’il avait été abusé sexuellement. Et il m’a toujours dit le plus grand mal de sa famille, à l’exception de ses frères et de sa soeur. C’est de là qu’il faut partir. »»

● «Le mari de Mado Maurin est un cavaleur…»

«Laquelle décide de faire croire à Patrick que Collignon est son père, et par conséquent de taire la vérité sur son véritable géniteur. Car, en réalité, celui-ci s’appelle Michel Têtard, chef d’orchestre rencontré à Vitré (Ille-et-Vilaine). On l’a compris, le mari de Mado Maurin est un cavaleur (‘‘Il me trompait outrageusement », explique-t-elle) et en ce printemps 1946, elle est malheureuse.»

● «À quoi ressemble mon père, bon sang?»

«Et puis il y a l’obsession du père. À quoi ressemble-t-il, bon sang? La question taraude Dewaere, qui n’a jamais pu avoir de renseignements précis auprès de sa mère. ‘‘Elle ne lui en a jamais parlé, rappelle Sotha (dite Catherine Sigaux, ancienne épouse de Dewaere, NDLR). Après, elle a décidé du jour au lendemain que c’était le grand amour de sa vie. Ç’aurait été mieux avant. »»

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