(AFP & Sud ouest) Pédophilie : Joël Le Scouarnec fait appel de sa condamnation à 15 ans de prison, les victimes « révoltées »

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  Joël Le Scouarnec ne veut « pas se priver de son droit d’être jugé par la cour d’assises d’appel », précise son avocat Me Thibaut Kurzawa ce vendredi.

L’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec a fait appel vendredi de sa condamnation à 15 ans de réclusion criminelle prononcée par la cour d’assises de Charente-Maritime dans un premier dossier de viols et agressions sexuelles sur quatre victimes mineures, a annoncé vendredi le parquet de Saintes.

Après être passé entre les mailles du filet judiciaire pendant près de 30 ans, l’ex-chirurgien et pédophile assumé a été reconnu le 3 décembre coupable de faits d’atteintes sexuelles sur une de ses nièces Aurélie et une jeune patiente, dans les années 90, ainsi que des faits de viols sur une autre nièce, à la même période, et sur sa petite voisine à Jonzac (Charente-Maritime) qui l’avait dénoncé en 2017.

Il souhaite « se laisser du temps »

Me Thibaut Kurzawa, avocat de Joël Le Scouarnec, explique la démarche de son client :

« Monsieur Le Scouarnec a relevé appel de la décision rendue le 3 décembre dernier. Son intention n’est pas de remettre en cause ce qu’il a pu dire lors de l’audience. S’il a contesté certains actes, il en a reconnu la grande majorité. Il a conscience des conséquences de ses agissements sur les victimes, ainsi qu’il a pu l’exprimer à plusieurs reprises. Sa position reste aujourd’hui inchangée. Toutefois, compte tenu des règles procédurales applicables (portée de l’appel, délai pour former un recours relativement court), de l’état de réflexion dans lequel il se trouve depuis une semaine, et de l’importance d’une telle décision (acceptation ou recours), Monsieur Le Scouarnec souhaite se laisser du temps, et ne pas se priver de son droit d’être jugé par la cour d’assises d’appel. »

« Mes clientes sont révoltées »

« Mes clients sont révoltés par cette décision même si c’est un droit », a réagi Me Francesca Satta, avocat de la fillette de Jonzac et de ses parents. Une décision qui est pour elle « sans surprise compte tenu du fait qu’il a nié haut et fort son implication dans les faits subis » par la fillette.

« C’est un choc (…) un calvaire qui continue (…) mes clientes sont effondrées », a commenté également Me Delphine Driguez, avocate des deux nièces. « Elles voulaient tourner la page… c’est très dur pour elles de réaffronter » Joël Le Scouarnec.

A son procès, il avait également reconnu des actes de pénétration sur trois victimes notamment sur une autre nièce et une ancienne voisine au milieu des années 80, mais ces faits avaient été écartés de l’enquête en raison de la prescription. « Elles sont aujourd’hui abattues », dit Me Nathalie Bucquet avocate de l’association partie civile Innocence en danger, qui a porté la voix de ces deux femmes au procès. « C’est un coup très dur pour les parties civiles, il y a une crainte que ses aveux soient remis en cause ».

Comme Me Driguez, Me Bucquet s’interroge sur « l’intérêt juridique » de cet appel alors que l’ex-chirurgien détenu à la maison d’arrêt de Saintes est en outre poursuivi pour des abus sexuels dans une autre enquête, d’une ampleur inégalée, portant sur des centaines d’enfants. C’est la plainte de la fillette de Jonzac qui avait permis de mettre au jour cette gigantesque affaire de pédophilie guidée par les écrits glaçants du chirurgien retrouvés chez lui en 2017.

Depuis octobre, il est mis en examen à Lorient (Morbihan) pour des faits de viols et agressions sexuelles sur 312 victimes potentielles identifiées à la lumière de ses « carnets », relatant des sévices sexuels sur une période de 30 ans.

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