(Jacques Thomet) Le président du Rugby club de Narbonne, mis en examen pour agressions sexuelles sur son fils de 8 ans, en a obtenu la garde malgré 24 témoignages de l’enfant

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(Inutile de souligner le caractère explosif de ce dossier)

Personnalité dans le monde du rugby, ex-joueur professionnel à Narbonne, Montauban et Béziers, propriétaire de trois restaurants, Gilles Belzons a été mis en examen début juillet pour agressions sexuelles sur son fils Léon, 8 ans, mais l’information vient seulement d’être connue, une nouvelle fois grâce à France-Bleu. L’accusé avait bénéficié d’un classement sans suite fin 2020 après une première plainte de la mère, son ex-compagne, infirmière.

L’avocate de la maman, Me Myriam Guedj-Benayoun, a dénoncé des dysfonctionnements dans le traitement judiciaire de cette affaire, et demandé le dépaysement de l’instruction par le juge des affaires familiales en raison des risques de « collusion ». Ce juge a en effet attribué la garde de l’enfant au père au moment de sa mise en examen. Pour l’instant, le garçonnet réside toujours dans une famille d’accueil, et sa mère ne peut le voir que deux heures par mois dans un lieu sous surveillance.

Léon s’est plaint à 24 reprises devant le juge d’instruction, les enseignants de son école, les médecins, les experts, a précisé l’avocate. Des plaintes ont été portées contre l’école pour manque de protection, et contre des intervenants « pour faux en écriture ».

Gilles Belzons continue de nier les faits et d’accuser la mère de manipulation de l’enfant. Cette version est fermement rejetée par Me Guedj-Benayoun: « le couple s’est séparé en très bons termes, mais c’est après les premières révélations de Léon que la maman a porté plainte ».

Gilles Belzons avait été placé en garde à vue en novembre 2020, avait révélé France-Bleu en mars dernier. Au cours de son audition, il s’était opposé dans un premier temps à la saisie de son téléphone portable. Il finira par accepter. Les gendarmes découvriront alors des connexions sur des sites pornographiques dont une quinzaine de recherches employant les mots « jeunes et ados ». Mais à l’issue de cette enquête préliminaire, il avait été blanchi des accusations portées contre lui. Avant son audition, toujours selon France-Bleu, le ministère public avait ordonné aux gendarmes de ne réaliser aucune saisie d’ordinateur ni de son téléphone portable, de ne réaliser aucun examen clinique de l’enfant. Aucune fouille de son domicile, ni de son lieu de travail n’ont été réalisées. Enfin, l’intéressé avait été prévenu quelques jours plus tôt du motif de sa mise en garde à vue.

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