Après avoir dénoncé une série de soupçons de malversations au sein de son entreprise, Yves Garcia est menacé par une procédure disciplinaire. Il est convoqué lundi 30 juin à l’inspection du travail, Orange ayant demandé son licenciement.
Le vice-président exécutif d’Orange chargé des activités Afrique, Asie et Moyen-Orient, Marc Rennard, est appelé à comparaitre, le 7 mars, devant la 17ème chambre du TGI de Paris, suite à la plainte en diffamation déposée par Yves Garcia. Ce dernier, cadre du groupe français de télécoms détaché durant plusieurs années à Malabo, n’a pas apprécié d’être accusé par Marc Rennard, dans une enquête parue début 2013 dans l’hebdomadaire français l’Express, d’entretenir une relation avec Violetta Beseku Ayingono. Aidée pas Yves Garcia, cette ressortissante équato-guinéenne dénonce depuis plusieurs mois le viol de sa soeur mineure, à Malabo, par un cadre technique d’Orange aujourd’hui revenu en France. (LC n°634). A suivre.
Affaire de moeurs, guérilla judiciaire interne, contentieux avec les autorités de Malabo: l’aventure du géant des télécoms dans un pays qui faisait figure d’eldorado vire à l’aigre.
Déjà sur le grill à Malabo, la filiale de France Télécom-Orange est visée par plusieurs plaintes au pénal à Paris.
Au moment où les activités de Getesa, filiale de France Télécom-Orange en Guinée équatoriale, se trouvent en mauvaise posture dans ce pays (LC n°632), cinq de ses anciens ou actuels salariés sont sous le coup d’une plainte, en France, pour viol sur mineure et entraves à la saisine de la justice.
Agissant au nom de la famille de la famille d’une mineure équato-guinéenne, l’avocat français Norbert Tricaud a déposé, le 19 avril, auprès du procureur de la République de Paris, François Molins, una plainte pour viol visant un ex-cadre de France Télécom-Orange, ainsi que quatre hauts responsables du géant de la téléphonie, accusés, quand à eux, de complicité et de non-dénonciation de crime. Un arrangement, conclu en mars 2008, avait conduit à la reconnaissance de paternité de la fille née de cette relation, un an plus tôt, et au versement d’un dédomagement financier. Soucieuse de sauvegarder son image dans un pays où opère sa filiale africaine la plus rentable, France Télécom s’était alors engagée à sanctionner l’employé incriminé. Vaine promesse: l’intéressé a regagné son bureau de Malabo, avant de prendre la direction de la société de génie civil CGC, prestataire de son ancien employeur. La bienveillance dont il bénéficie paraît d’autant plus insolite que dans le temps, la maison mère a « lâché » un autre cadre condamné – abusivement -par la justice locale. Lequel cadre, Yves Garcia, avait oeuvré à la conclusion de l’accord amiable mentionné plus haut …
Contraint de se défendre seul car lâché en rase campagne par la direction de France Télécom (FT), déterminée à ne faire aucun bruit autour de cette affaire, Yves Garcia a fait appel à l’avocat Norbert Tricaud (Cabinet Warwick Legal & Moore Stevens) pour contre-attaquer dans le litige l’opposant à l’état équato-guinéen. Ancien cadre supérieur détaché auprès de Getesa, opérateur de téléphonie historique à Malabo et propriété du groupe français (40%) avec l’Etat équato-guinéen (60%), Yves Garcia a été condamné par contumace, le 13 septembre 2011, à trois ans et quatre mois d’emprisonnement par la chambre pénale de la Cour suprême de Guinée équatoriale (LC n°622). Avec deux autres responsables de FT, il est accusé d’avoir détourné plus de 17 millions €. Me Tricaud pointe de nombreuses irrégularités. Le fait que son client n’ait jamais été informé de cette procédure n’est pas la moindre … L’avocat, qui évoque une « escroquerie judiciaire », s’est d’ores et déjà opposé à la décision de la Cour Suprême. Il attaquera ensuite sur le fond. La somme que les cadres français sont supposés restituer correspond au montant des dommages et intérêts que France Télécom s’apprête à demander à l’état équato-guinéen devant la justice arbitrale internationale dans le cadre d’un différend avec Malabo. Curieux non ?
Stéphane Richard, le patron de l’opérateur français de télécommunications Orange, a fait de l’Afrique une vraie priorité pour ses actions de développement et d’investissement à travers le programme « Conquêtes 2015 ». Adopté l’an dernier, ce plan d’action doit parallèlement permettre de « faire évoluer la gestion des ressources humaines » en interne. Or, sur le sol africain, cette politique semble loin d’ateindre ses objectifs. Focus sur la Guinée équatoriale.